Un an. Grandir.
Voilà un an, le 11 septembre. Voilà un
an, cette revue. Qu’avons-nous appris ? Avons-nous grandi ? Peut-on
reprocher aux gouvernements du monde libre et du reste du monde de ne pas
bien faire, de ne pas faire assez ? Le poète dit que si le monde était
d’après notre coeur, il ne serait ni meilleur ni pire. L’horreur et la
beauté révèlent ce qui est dans le coeur des hommes. Au diable la bonne
conscience de ceux qui croient savoir mieux. Si le monde est tel qu’il est,
il doit bien y avoir une raison. Se pourrait-il qu’elle se trouve en chacun
de nous ? La révolte de l’adolescent ne peut changer le monde qu’en
cauchemar d’adulte. « Je cherche un homme », s’écriait Diogène avec une
lanterne en plein jour au milieu de la foule athénienne. En a-t-il seulement
trouvé un ? Je porte la violence du monde, j’en suis pétri. Comment faire la
paix - en soi, autour de soi, entre les nations ?
Ces questions nous ont mu à interroger
Catherine Tihon, spécialiste de la « communication non-violente », une
manière de se relier et d’agir dont le fondateur a parcouru les camps de
réfugiés et les tranchées du globe en rapprochant les êtres d’eux-mêmes et
de leurs ennemis. Cultiver dans son jardin une semence que l’on peut
répandre ailleurs ensuite. Sans OGM, merci. Dans la même veine, les
« conférences communautaires », une invention des antipodes, conquiert notre
hémisphère sans tambour ni trompette. Au lieu d’une justice punitive, une
justice réparatrice. Donner aux victimes l’occasion de dire leur souffrance.
Laisser les coupables entendre la douleur qu’ils engendrent, mais aussi les
écouter eux pour qu’ils ne recommencent pas. Et miracle, ça marche.
Peut-on encore se permettre de
méconnaître les religions des autres à l’heure des guerres saintes à tous
vents ? Le jeu du pèlerin, une espèce de Trivial Poursuite spirituel
impressionnant, invite petits et grands à ouvrir les yeux sur les traditions
spirituelles du monde. Les dés nous y font pèleriner des Sutras à la
mosquée, de l’Etoile de David au tombeau de Baha’ullah.
Actualité : on a découvert que les
scientifiques ont une âme. « Science et Quête de Sens » a réuni à Paris prix
Nobel et autres astres de l’intellect savant autour des questions de
spiritualité, sous l’égide de l’Unesco. Que peut la science pour l’âme
moderne ? Quelle spiritualité pour un âge scientifique ?
Autre bonne nouvelle : notre revue a
attiré l’attention d’un éditeur, qui dorénavant met à notre disposition une
équipe professionnelle pour la distribution, la mise en page, l’impression
et la publicité. Cela signifie un grand bond en avant pour cette publication
partie de rien. Pour le lecteur, cela veut dire que les numéros qui suivent
paraîtront régulièrement, une fois par saison, et que la qualité augmentera
à tous les niveaux. Abonnez-vous dès maintenant
pour ne rien manquer de cette jeune pousse en pleine croissance, ou adhérez
à notre mode de distribution inédit.
Il ne nous reste plus qu’à vous
souhaiter une excellente lecture.
Sacha Horowitz