Confrontation des esprits dans la presse: Minc et
Baudrillard
Est-il possible de contourner Le Monde? Probablement pas. Nous faisons
ici le reportage de deux analyses antagonistes, parues très récemment dans
ce grand quotidien, qui éveilleront l’intérêt de nos lecteurs.
« L'esprit du terrorisme »
Pour Jean Baudrillard, philosophe, les attentats du 11 septembre
étaient le souhait caché, voire inconscient, des occidentaux eux-mêmes (Le
Monde, 2/11/01). Car l’hégémonie est insupportable et sa montée en puissance
appelle sa destruction. Ce sont donc ceux, en occident, qui partagent les
bénéfices de cette toute-puissance, qui dans une volonté suicidaire
choisissent d’appeler son anéantissement. L’auteur va jusqu’à dire qu’il
semblait que les Tours Jumelles semblaient acquiescer à leur destruction en
s’effondrant de manière si totale que même les terroristes devaient
...
« Le terrorisme de l'esprit »
Avec ce titre, Alain Minc (Le Monde, 6/11/01) ironise sur la
position de Baudrillard qu’il voit comme une vue de l’esprit dénuée de
fondement réel. Ce qui ne va pas, c’est l’abus du « principe d’équivalence »
selon lequel tout phénomène devrait trouver son pendant, et chaque
protagoniste ne serait que le reflet de l’autre.
Pour Minc, essayiste politique, un philosophe de la stature de
Baudrillard se rend coupable d’un abus d’intelligence en pratiquant un
« terrorisme de l’esprit ».
Baudrillard perpétue une curieuse tradition des intellectuels français:
« Après Michel Foucault, avocat du khomeinisme iranien en 1979 et donc
solidaire en théorie de ses exactions, voilà Baudrillard philosophe du
"modèle terroriste" (sic). » En faisant de la mondialisation le coupable des
attentats, en faisant du monde entier le complice des terroristes, il fait
une extrapolation du principe d’équivalence qui ne se justifie pas dans les
faits.
La tirade sur le Bien et le Mal n’est qu’une manœuvre pour éviter de
reconnaître une hiérarchie des valeurs, maladie bien connue de ...
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